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Les HUG créent un pôle cardiovasculaire pour les femmes

Vendredi 06.03.2026

Le 8 mars, les Hôpitaux universitaires de Genève lancent un nouveau pôle voué à mieux identifier des maladies cardioasculaires spécifiques aux femmes, renforcer la prévention et limiter des diagnostics trop tardifs.

centre cardiovasculaire hug femme reiso 170© Antoni Shkraba / PexelsLes maladies cardiovasculaires sont la cause de décès la plus fréquente en Suisse. Selon les données 2024 de l’Office fédéral de la santé publique, elles provoquent 20'000 décès chaque année. Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) soulignent en outre qu’à âge égal, la mortalité liée aux infarctus est plus importante chez les femmes. À la lumière de ce constat, l’institution annonce, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, la création d’un Pôle de santé cardiovasculaire pour la femme, intégré au centre cardiovasculaire. La structure se donne un triple objectif: identifier des maladies cardiovasculaires spécifiques aux femmes, les sensibiliser à leur santé cardiovasculaire à trois moments clés de la vie hormonale — contraception, grossesse et ménopause — et promouvoir le dépistage ainsi que la prévention.

Symptômes, physiologie et facteurs de risque

Le communiqué met en avant plusieurs différences entre femmes et hommes. Il évoque notamment des spécificités biologiques — un cœur plus petit, un rythme cardiaque plus rapide, des vaisseaux sanguins plus étroits — ainsi que des variations dans l’accumulation du cholestérol. Les symptômes d’infarctus peuvent aussi être moins évidents: en plus de la pression thoracique, des nausées, vomissements, une transpiration excessive ou un essoufflement sont cités.

La Dre Elena Tessitore, médecin adjointe au Service de cardiologie et responsable du nouveau pôle, relève que les femmes consultent en moyenne quarante minutes plus tard que les hommes en cas d’infarctus, parfois jusqu’à douze heures plus tard, car elles auraient tendance à banaliser les symptômes. Elle indique également que les femmes hospitalisées pour un infarctus présentent en général un âge moyen plus élevé que les hommes.

Parmi les facteurs de risque spécifiques, le communiqué cite l’influence des hormones. Il mentionne notamment le diabète gestationnel, qui multiplierait par deux le risque cardiovasculaire, ainsi que la pré-éclampsie, associée à un risque deux fois plus élevé de maladie coronarienne, d’accident vasculaire cérébral et de décès cardiovasculaire. Le texte indique encore qu’une forme d’infarctus du myocarde sans lésion obstructive est plus fréquente chez les femmes, notamment les plus jeunes.

Former, prévenir et mieux orienter les patient·es

Le pôle vise à favoriser la formation, l’éducation, la prévention et la collaboration du personnel de santé, en apportant des ressources pour une prévention tenant compte du sexe biologique et du genre. Des cours multidisciplinaires ou à option sont évoqués, en collaboration avec l’Université de Genève. Le communiqué mentionne aussi l’encouragement d’une recherche ciblée sur les particularités des maladies cardiovasculaires chez la femme, en citant des hypothèses portant sur l’absorption de l’aspirine, l’adaptation de certains dosages et la moindre orientation des femmes vers les programmes de réhabilitation cardiaque, malgré des bénéfices similaires.

Les Hôpitaux universitaires de Genève indiquent que ces mesures devraient améliorer le diagnostic et le pronostic, diminuer les récidives et réduire les coûts de prise en charge. Le communiqué rappelle enfin l’existence de centres cardiaques pour femmes dans plusieurs pays et, en Suisse, à Bâle, Zurich et Berne. Des visioconférences mensuelles d’analyse de cas complexes sont déjà menées avec ces trois centres, et des discussions sont annoncées pour établir un partenariat.

«Pudeur thoracique» en cas d’arrêt cardiaque

Le communiqué attire aussi l’attention sur un frein observé lors des situations d’urgence: des témoins n’oseraient pas pratiquer un massage cardiaque sur une femme, par gêne ou par crainte de la déshabiller. Ce comportement est désigné comme une «pudeur thoracique». Selon plusieurs études citées dans le communiqué, en public, les femmes auraient 27% de chances en moins de bénéficier d’un massage cardiaque.

(Source : communiqué de presse)

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