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«Santé et social doivent se retrouver sous un même toit»

Mardi 25.03.2025

Dans «Imaginer les soins primaires de demain», des pistes se dessinent pour une meilleure prise en charge la population. Trois questions à Nicolas Senn, médecin chef du Département de médecine de famille à Unisanté.

                               Nicolas Senn © Unisanté(Reiso) Nicolas Senn, le livre « Imaginer les soins primaires de demain », dont vous avez dirigé la publication, compare les soins primaires de la France, la Suisse, le Québec et la Belgique ? La Suisse est-elle bonne élève ?

(Nicolas Senn) Malheureusement pas. En Suisse, nous avons un système de santé qui est très axé sur la médecine hospitalière et technologique. Nous disposons de beaucoup de ressources, mais nous sommes particulièrement à la traîne en matière d’intégration des soins et du social, ainsi que de soins primaires. Dans le livre, ces derniers sont définis comme un premier niveau d’accès aux services de santé apportant des bénéfices aux individus en matière de santé et de bien-être dans les dimensions physiques, sociales, psychologiques, voire spirituelles.  

À propos de la dimension sociale des soins, elle est souvent mise de côté en Suisse par le système de santé. Pourquoi ?

Effectivement, c’est principalement un problème politique, car les modèles financiers actuels ne le permettent pas. Les actes médicaux sont facturés différemment des prestations sociales. La médecine générale est seule de son côté et ne peut que difficilement s’appuyer sur les acteurs sociaux. Pourtant cela se fait en France et au Québec, par exemple, et c’est un avantage pour la population.

Que faudrait-il faire en Suisse pour améliorer les soins primaires ?

Parmi les mesures qui ont fait leurs preuves ailleurs figurent les maisons de santé. Il s’agit de réunir sous un même toit des soignant·es (médecine, physiothérapie, soins infirmiers, ergothérapie, entre autres) et des acteurs sociaux. Le fait de travailler au même endroit permet une réelle synergie et une prise en charge globale de la patientèle. Ces maisons doivent se trouver dans les différents quartiers des villes, être de taille raisonnable, facilement accessibles et disponibles pour toute la population. De telles structures existent ailleurs et elles prodiguent des soins primaires, mais elles réalisent aussi de la prévention et de la promotion de la santé. Cela profite à la société et coûte beaucoup moins cher que de se rendre aux urgences hospitalières, par exemple.

(Propos recueillis par Yseult Théraulaz)

[1] Imaginer les soins primaires de demain, sous la direction de Nicolas Senn, RMS Editions, 2025, 377 pages

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