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Selon le cinquième rapport sur la santé, des enjeux émergents ou en augmentation témoignent de l’évolution sociétale et environnementale en matière de santé mentale ou de disparités sociodémographiques.
Suivant le rythme de l’enquête suisse sur la santé (ESS) de l’Office fédéral de la statistique, l’Observatoire suisse de la santé (Obsan) réalise tous les cinq ans différents produits pour les rapports cantonaux sur la santé. Les rapports de base, désormais sous forme de pages internet dédiées, et les brochures sur la santé offrent aux cantons et à la population suisse une présentation large des données de l'ESS, rapidement accessible, visuelle et facile à comprendre.
Ces statistiques donnent ainsi un bon aperçu de thèmes tels que l'état de santé général, les comportements liés à la santé, la santé au travail et le recours aux prestations de santé. Les indicateurs présentés montrent l'évolution dans le temps et permettent des comparaisons intercantonales et sociodémographiques. Par conséquent, les deux produits permettent également de suivre les effets des mesures de politique de santé ou d'en déduire de nouvelles mesures de promotion et de prévention de la santé.
La radiographie de l’état de santé physique et psychique de la population vaudoise rapporte qu’une part significative de la population vaudoise estime bonne ou très bonne sa qualité de vie (87,3%) et son état de santé (84%). La qualité de la dernière consultation chez le médecin est également plébiscitée (95%).
Toutefois, les champs d’action restent nombreux. Certains enjeux émergents ou en augmentation sont liés à l’évolution sociétale et environnementale. Ainsi, la hausse des problématiques de santé mentale va de pair avec les changements dans le monde du travail et les risques psychosociaux qui y sont associés (stress, insatisfaction, difficulté à concilier travail et famille, etc.). Dans le contexte de la sédentarisation des sociétés, le taux de Vaudois·es pratiquant suffisamment d’activité physique est en hausse, mais reste encore sous la moyenne suisse.
En parallèle ressort une augmentation de l’usage problématique d’internet, tout comme de la consommation de substances addictives. Les changements climatiques et le contexte de crises successives entraînent également des risques pour la santé, notamment mentale. La population vaudoise présente enfin de fortes disparités sociodémographiques. Or ces écarts peuvent influencer le maintien en santé comme l’accès aux soins.
Dans son communiqué, le Canton rappelle par exemple que le guide cantonal de repérage et d’intervention précoce, fraîchement paru, est destiné aux professionnel·les en matière d’addictions. Ce document propose des outils pour reconnaître le plus précocement possible les premiers signes et indicateurs de problèmes liés à l’addiction, de clarifier le besoin d’agir afin de trouver des mesures adaptées et de soutenir les personnes concernées.
Dans le canton de Genève, 86,8% de la population estime avoir une bonne ou très bonne qualité de vie (91,8% au niveau suisse), un taux enregistrant une très légère inflation depuis 2012, où il se situait à 88,3%. À l’inverse, 85,5% des Genevois·es estiment être en bonne santé (84,9% au niveau national), alors qu’ils et elles n’étaient que 77,4% en 2012.
De manière générale, les indicateurs liés à la santé mentale suivent la même tendance que dans le canton de Vaud. Ainsi, seuls 41,9% de la population indiquent ressentir une énergie et une vitalité forte (45,3% au niveau suisse), contre 45,7% en 2017. Les symptômes de dépression (13,2% en 2022, 9% en 2012), la détresse psychologique (24,5% en 2022, 22,9% en 2012), ainsi que les troubles du sommeil (42,4% en 2022, 29,2% en 2012) s’avèrent également en augmentation. La hausse la plus marquée est liée au sentiment de solitude, qui s’élève à 11,3% en 2022 (6,4% au niveau national), alors que celui-ci était de 8,4% en 2012. En revanche, le sentiment de maîtriser sa vie est passé de 27,9% en 2012 à 33,4% en 2022 (27,9% au niveau suisse).
En ce qui concerne le domaine travail et santé, la conciliation entre le travail et les obligations familiales se révèle toujours ou la plupart du temps compliquée pour 15,2% de la population en 2022, un taux qui ne se situait qu’à 8,2% en 2012. Davantage de personnes affirment ressentir du stress (21,9% en 2022, 20% en 2012), alors que le taux de discrimination est stable (18,5% en 2022, 18% en 2012).
Finalement, la tendance d’augmentation du recours aux soins se confirme. Les consultations chez le médecin de famille ont passé de 69% en 2012 à 71,1% en 2022 et les consultations chez un médecin spécialiste de 44,2% à 52,5%. Comme dans le canton de Vaud, la patientèle se montre particulièrement satisfaite de ces deux types de consultation (96,8%, respectivement 93,1%).
(CROC, avec communiqué et Obsan)
Lire le rapport complet pour le Canton de Vaud
Accéder aux chiffres du Canton de Genève
Voir le Guide cantonal de repérage et intervention précoce
(mise à jour, 03.09.2024)
Afin de mieux faire connaître la contribution d’assistance, le Canton de Neuchâtel publie un dépliant sur cette prestation de l’assurance-invalidité. Diverses entités peuvent accompagner les démarches correspondantes.
© Adobe StockÉlaboré en collaboration avec des organismes de soutien et des personnes expertes déjà bénéficiaires de la contribution d’assistance, le document vise à mieux faire connaître cette prestation. Il fournit des informations concrètes telles que les critères pour en bénéficier, les conditions d'engagement comme assistant·e personnel·le ou les montants liés à la prestation. Le dépliant contient en outre une liste d’associations partenaires disposées à apporter le soutien nécessaire dans les démarches en vue d’obtenir la CDA.
Prestation de l’assurance-invalidité, l’entrée en vigueur de la contribution d’assistance date de 2012. Elle permet à une personne bénéficiaire d’une allocation pour impotence qui vit ou souhaite vivre à domicile d’engager un·e ou plusieurs assistant·es personnel·les pour lui fournir le soutien dont elle a besoin. Elle constitue ainsi une aide importante pour rendre possible le choix de vivre à domicile. La personne bénéficiaire de la contribution d’assistance devient employeuse des assistant·es personnel·les. Pour faciliter les démarches et la gestion quotidienne, différents mécanismes et offres de conseil existent mais restent toutefois insuffisamment connus.
Intitulé Contribution d’assistance, Pour qui ? Pour quoi ?, le dépliant est le fruit d’un travail collaboratif entre le service d’accompagnement et d’hébergement de l’adulte, l’Office AI du canton de Neuchâtel, des organismes de soutien et des personnes auto-représentantes bénéficiaires de la prestation depuis plusieurs années. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action cantonal en matière d’inclusion des personnes vivant avec un handicap. Son but consiste à favoriser l’autodétermination des personnes quant au choix du mode et du lieu de vie.
(Source : communiqué Canton de Neuchâtel)
Consulter le dépliant en ligne (également disponible en version imprimée). Une synthèse des informations figure également sur le site du Service d’accompagnement et d’hébergement de l’adulte.
L’utilisation à risque des écrans subit une hausse. Adolescent·es et jeunes adultes constituent une population particulièrement vulnérable. Un rapport analyse le phénomène et formule des recommandations.
© freepikSelon l’Enquête suisse sur la santé 2022, 6,8% de la population âgée de 15 ans et plus, soit environ 500’000 personnes, se trouve concernée par un usage problématique ou à risque des écrans, hommes et femmes confondus. En 2017, ce phénomène touchait 4,8% de la population. Les taux les plus élevés sont observés chez les 15-24 ans (22%) et les 25-34 ans (près de 12%), avec une prévalence plus importante chez les femmes.
Cette tendance s’est accentuée pendant la pandémie de Covid-19, période marquée par des confinements et une utilisation accrue des médias numériques pour le travail et l’éducation. Bien que la consommation d’écrans touche toutes les tranches d’âge, l'attention se concentre principalement sur les enfants et les adolescent·es, identifié·es comme populations vulnérables.
Le Groupement romand d’étude des addictions (GREA) et le Fachverband Sucht publient le dernier rapport de synthèse du groupe d’expert·es mandaté par l’Office fédéral de la santé publique pour sonder, documenter et évaluer les évolutions dans le domaine de l’utilisation des écrans. Portant sur les années 2021 à 2024, ce document compile les observations sur la prévention et l’accompagnement relatifs aux comportements en ligne, basées sur la littérature et les données épidémiologiques récentes en Suisse. Il énonce également des recommandations pour gérer les défis associés, en mettant l’accent sur les jeunes. Enfin, on note que la formulation « utilisation problématique ou à risque des écrans » remplace désormais le terme « cyberaddiction ».
Les expert·es constatent que les marchés des jeux vidéo et des réseaux sociaux ont beaucoup évolué depuis le dernier rapport de synthèse daté de 2020. L’industrie des technologies numériques et de la communication utilise des mécanismes psychologiques (« addiction by design ») pour générer des revenus, notamment via les microtransactions et l’engagement continu des utilisateurs et utilisatrices.
Les frontières entre jeux vidéo et jeux de hasard ou d’argent s’estompent progressivement tandis que les applications de shopping se « gamifient ». Le groupe d'expert·es note également une augmentation des problèmes liés à la pornographie et aux paris sportifs en ligne. En conséquence, il relève la nécessité pour les jeunes et moins jeunes d'être accompagné·es dans la gestion de ces offres numériques.
Face à ces défis, les spécialistes proposent des recommandations stratégiques pour aborder la question de la consommation problématique et à risque des écrans. Parmi les mesures suggérées figurent :
(Source : communiqué GREA)
Télécharger le rapport (en allemand)
La série de podcasts Ça nous arrive met en lumière différents enjeux du passage à la vie adulte. À travers des témoignages, elle illustre certaines difficultés rencontrées et propose des ressources pour y remédier.
© Fanny Modena / CIAO
Devenir adulte, payer ses premières factures ou s’engager dans différentes causes, autant de sujets vécus par les 18-25 ans et évoqués dans la première saison de Ça nous arrive, une série de podcasts produite par ontécoute.ch. À travers ce projet, l’Association romande CIAO partage des témoignages de jeunes adultes concernant leurs débuts dans la vie adulte, les éventuelles difficultés rencontrées ainsi que des ressources clé.
Les cinq premiers épisodes, réalisés par Maé Biedermann, abordent tour à tour la complexité du système administratif, l’engagement pour des causes, le passage à la vie d’adulte, les violences psychologiques au sein de la famille ainsi que la cohérence cardiaque, un outil facile à mettre en oeuvre lors de situations stressantes du quotidien. Chaque épisode comprend également des ressources auxquelles les jeunes peuvent faire appel s’ils ou elles se retrouvent dans les circonstances évoquées.
Comme le souligne Elsa Baader, co-responsable du projet, « certaines étapes sont marquantes et clairement identifiables (le passage à la majorité, notamment), d’autres paraissent plus anodines, mais elles restent tout aussi importantes dans la manière de se percevoir en tant qu'adulte. L’objectif du podcast est de les mettre en lumière. » Sa collègue Laura Krenzi abonde, « les 18-25 ans peuvent vivre ce passage à l’âge adulte comme un chamboulement. Il s’agit de révéler les ressources dont elle et ils disposent sans parfois en être conscient·es tout en rappelant la possibilité de demander du soutien. Les témoignages montrent également qu’ils et elles ne sont pas seul·es, d’où le titre de la série ».
Disponible sur toutes les plateformes d’écoute, ce projet a été développé avec l’objectif d’offrir un nouveau format au public du site ontécoute.ch.
L’association romande CIAO
Active depuis une trentaine d’années dans le domaine de la promotion de la santé et de la prévention, l’association romande CIAO met à disposition les compétences de professionnel·les sur ses sites ciao.ch et ontécoute.ch, pour répondre aux besoins d’information et d’orientation des jeunes romand·es de 11 à 25 ans sur les thèmes de la santé au sens large.
(Source : communiqué de presse CIAO)
Ecouter le podcast
Appel à témoignage — Afin de préparer la prochaine saison de Ça nous arrive, ontécoute.ch est à la recherche de jeunes adultes souhaitant participer au podcast en témoignant d’un sujet qui leur tient à cœur en lien avec la vie adulte. Les personnes intéressées peuvent prendre contact par e-mail.
En fournissant faits et chiffres pour contrecarrer les préjugés sur l’employabilité des réfugié·es, une brochure contribue à favoriser leur embauche. Des conseils pratiques complètent la démarche.
© Vivre Ensemble
L’association Vivre Ensemble et sa plateforme asile.ch proposent un fascicule intitulé Réfugié·es & emploi — Au-delà des idées reçues, qui répond notamment à des questions telles que : ai-je le droit d’engager cette personne ? La procédure est-elle compliquée ? Une personne admise provisoirement ne risque-t-elle pas de repartir ? Qu’a fait cette personne durant les années qui n’apparaissent pas sur son CV ?
Le document vise à confronter certains préjugés à la réalité au moyen d’informations factuelles et chiffrées. Il clarifie aussi les démarches éventuelles ainsi que le droit au travail selon les différents statuts. L’objectif consiste à favoriser l’emploi en orientant et donnant des outils concrets permettant l’embauche de personnes réfugiées. Conçue en premier lieu pour les entités employeuses et les responsables RH, la brochure s’avère également utile aux actrices et acteurs de l’insertion professionnelle ainsi que pour le grand public.
Afin d’interroger les représentations quant aux qualifications et compétences des personnes réfugiées, le document propose notamment un quiz portant sur des idées reçues qui participent à l’exclusion durable du marché de l’emploi de personnes pourtant majoritairement en âge de travailler et désireuses de le faire. Par le questionnement d’une part, la mise à disposition de faits et chiffres d’autre part, cette brochure vise à faire tomber certaines barrières et à dépasser les préjugés.
Généralement, les personnes en quête de protection manifestent dès leur arrivée en Suisse le souhait de travailler ou de se former. Leur intégration et leurs conditions de vie en dépendent. Si des obstacles administratifs et légaux existent au départ, essentiellement pour les demandeurs et les demandeuses d’asile (permis N), d’autres barrières peuvent freiner l’accès au marché de l’emploi, quel que soit le statut.
Les obstacles sont souvent liés à une méconnaissance des réalités administratives telles que la signification des différents permis en matière de droit au travail, la durabilité du séjour, les démarches à effectuer, la reconnaissance des diplômes et capacités. D’autres fois, ce sont des stéréotypes ou des représentations biaisées qui interviennent, par exemple sur les compétences et expériences des personnes concernées.
Vivre Ensemble rappelle que l’Agenda intégration suisse (AIS) fixe des objectifs clairs à la Confédération et aux Cantons pour l’accès des personnes issues de l’asile au marché du travail. L’un d’entre eux formule que « sept ans après leur arrivée en Suisse, la moitié des réfugié·es et des personnes admises à titre provisoire sont durablement intégrées dans le marché du travail ».
Les statistiques mettent en lumière l’existence d’une conséquente marge de progression restant à exploiter. À fin 2023, 4% des demandeuses et demandeurs d’asile travaillaient (permis N), 45% des titulaires d’un permis F et 48% des personnes détentrices d’un permis B. Dans ce contexte, il apparaît pertinent de (se) questionner (sur) les freins et opportunités en matière d’emploi, au bénéfice tant des personnes réfugiées que de l’économie et de la société en général.
Association Vivre Ensemble et plateforme asile.ch
Spécialisée dans l’information sur l’asile, l’association Vivre Ensemble mène de nombreuses actions en Suisse romande visant à documenter, sensibiliser et relayer l’actualité et les activités réalisées sur le terrain de la migration en Suisse. Reconnue d’utilité publique, l’association est romande, avec un siège à Genève.
La plateforme asile.ch est le site web de Vivre Ensemble. Elle constitue un outil pour atteindre les objectifs de l’association : documenter et faire connaître la réalité de l’asile en Suisse et donner voix aux personnes réfugiées ou en quête de protection ainsi qu’à celles et ceux qui s’engagent à leurs côtés.
(NIB avec Association Vivre Ensemble | plateforme asile.ch)
Consulter la brochure en ligne ou la commander.
En complément de la brochure, la rubrique « Réfugié·es & emploi » de la plateforme asile.ch propose des explications sur le droit au travail selon le type de permis, une série de podcasts avec des témoignages d’entités employeuses et d’employé·es issu·es de l’asile ainsi que les contacts utiles par canton pour toute question relative à l’engagement d’une personne issue de l’asile.
Dans son rapport statistique 2023, Dettes Conseils Suisse met en évidence les mécanismes qui péjorent et prolongent l’endettement. En préparation, la révision de la loi sur la poursuite induit des bénéfices partagés.
© DCSUne fois endettées, de nombreuses personnes en Suisse ne parviennent plus à sortir de la spirale infernale. La statistique annuelle de Dettes Conseils Suisse fournit une vue d’ensemble des débiteurs et débitrices qui demandent conseil, ainsi que des causes et conséquences de l’endettement. La publication de ces chiffres constitue aussi l’occasion pour l’association faîtière de rappeler la nécessité d’agir politiquement pour mettre un terme à la spirale des dettes. Cette perspective comporte le double avantage de bénéficier aussi bien aux individus concernés qu’aux collectivités.
Plus l’endettement dure longtemps, plus les personnes s’enfoncent dans les dettes. Cela se constate tant au montant absolu qu’au rapport entre les dettes et le revenu, appelé taux de surendettement. Plus celui-ci est élevé, plus le remboursement des dettes devient difficile, voire impossible.
En Suisse, contrairement à d’autres pays, les dettes subsistent jusqu’à la fin de la vie. Qu’elles aient été contractées à la suite d’un coup du sort ou d’une gestion dite « téméraire », la loi helvétique ne prévoit pas de délai de prescription pour les dettes. A titre de comparaison, il en va différemment en droit pénal : la peine maximale pour homicide et blessures graves est de dix ans. Les délits économiques comme l’abus de confiance et l’escroquerie ou le chantage sont, quant à eux, punis de cinq ans maximum. Dette Conseils Suisse rappelle l’importance pour toute personne condamnée de pouvoir se réinsérer dans la société et constate que cela s’avère plus difficile pour les personnes endettées.
Comme le démontrent de nombreuses études, les personnes surendettées sont en moins bonne santé et courent un risque accru de désintégration professionnelle, familiale et sociale. L’État assume alors une part importante des charges qui en résultent. S’y ajoutent des coûts d’opportunité, c’est-à-dire des revenus fiscaux et des primes non perçues ainsi que des dépenses de consommation non effectuées, en raison de la non-utilisation du potentiel des personnes concernées. Les montants correspondants ne sont pas quantifiés à ce jour.
Ainsi, les personnes en quête de conseils doivent en moyenne près de 22’500 francs à l’administration fiscale. Plus le taux d’endettement est élevé, plus ce montant dû est important. Autre exemple, les cantons sont légalement tenus de racheter aux caisses maladie les actes de défaut de biens pour les primes impayées à 85% de leur valeur.
Dettes Conseil Suisse en appelle aux actrices et acteurs politiques : les personnes endettées ont besoin de perspectives. Une sortie de la spirale de l’endettement doit être rendue possible. Des mesures sont actuellement sur la table au niveau national. Le Conseil des États et le Conseil national ont chargé le Conseil fédéral de présenter un projet de loi visant à intégrer à l’avenir les impôts courants dans le calcul du minimum vital en matière de droit des poursuites. Fin 2024, le projet de révision de la loi sur la poursuite devrait être prêt, comprenant la création d’une procédure d’assainissement avec libération de la dette résiduelle.
Des mesures de prévention efficaces seraient également souhaitables, souligne l’association faîtière. Outre le niveau du comportement individuel, il apparaît pertinent de mieux prendre en compte les aspects structurels qui conduisent à l’endettement, car porteurs d’importantes opportunités. Dans ce contexte, de nouvelles perspectives sont favorables aussi bien aux personnes endettées qu’aux collectivités.
Dettes Conseils Suisse
Créée en 1996, Dettes Conseil Suisse (DCS) est l’association faîtière qui regroupe toutes les entités sans but lucratif qui s’occupent de désendettement en Suisse. Ses membres offrent, dans tous les cantons, des conseils spécialisés et de l’accompagnement aux personnes à risque d’endettement ou déjà surendettées. Les membres s’obligent à appliquer les lignes directrices de DCS pour la pratique du désendettement.
(NIB avec Dettes Conseil Suisse)
Télécharger le rapport Stopper à temps la spirale de l’endettement. Statistiques des organisations membres pour l’année 2023.
Lire également :
En été 2023, une enquête a été menée auprès des plus de 50 ans pour documenter leurs connaissances sur les risques pour la santé et les mesures à prendre, la perception d’être affecté par la chaleur ainsi que la mise en œuvre de mesures de protection.
© Image générée à l'aide de l'IA par GrumpyBeere / PixabayUn sondage représentatif auprès de 1'800 personnes de plus de 50 ans a été réalisé durant l’été 2023 sur le thème de la chaleur et de la santé. Développée sur mandat de l’Office fédéral de la santé publique et de l’Office fédéral de l’environnement, cette enquête est une première à l’échelle nationale. Les résultats sont désormais résumés dans le rapport « Compétence en matière de chaleur de la population 50+ en Suisse : connaissances, préoccupations, agir à l’été 2023 ».
L’accent est mis sur l’importance des mesures de prévention des effets de la chaleur sur la santé et sur l’adaptation à l’augmentation de l’exposition à la chaleur. Afin de renforcer les compétences de la population et surtout des groupes vulnérables en matière de canicule, il est recommandé de communiquer plus activement et de manière plus ciblée des mesures peu connues, mais efficaces. Il s’agit par exemple d’adapter l’alimentation, l’habillement et la dose de médicaments, ou encore d’être attentif à son entourage pendant les journées chaudes.
(Source : Gérontologie.ch, Confédération)
Vers le rapport, « Compétence en matière de chaleur de la population 50+ en Suisse : connaissances, préoccupations, agir à l’été 2023 »
Afin de protéger la santé des personnes LGBTIQ et lutter contre les discriminations, le Canton de Neuchâtel annonce trois mesures phares, dont le renforcement de la sensibilisation et la prévention.
© Canton de Neuchâtel
En novembre 2021, Conseil d’État neuchâtelois était chargé de dresser un bilan de la situation des personnes LGBTIQ (lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenre, intersexes et queer) dans le Canton de Neuchâtel et de proposer des mesures de prévention concrètes contre les discriminations à leur encontre. Afin d’envisager les mesures à mettre en œuvre, un grand nombre d’entités publiques et parapubliques, d’actrices et acteurs du terrain, ainsi que des spécialistes travaillant au sein d’autres collectivités publiques romandes ont été consultés. Les personnes directement concernées ont également été invitées à s’exprimer en participant à une enquête d’envergure. Le bilan ainsi dressé montre que, dans le Canton de Neuchâtel comme ailleurs, les personnes LGBTIQ sont exposées à des violences et discriminations, en particulier les jeunes.
Les violences et discriminations à l’égard des personnes LGBTIQ ont gagné en visibilité au cours de ces dernières années, mais leur dénonciation ne les a pas fait diminuer. Les personnes LGBTIQ continuent d’y être largement exposées, dans leurs interactions sociales, familiales ou professionnelles, de même que sur les réseaux sociaux. Cela entraîne des conséquences néfastes sur leur santé physique, psychique et sexuelle. En termes de santé et de sécurité, elles font ainsi face à des facteurs de risque accrus alors même qu’elles bénéficient de facteurs de protection restreints.
À la lumière des données disponibles au niveau national et cantonal, de l’enquête menée dans le canton de Neuchâtel et des recommandations formulées par le Conseil fédéral, il apparaît nécessaire que l’État agisse pour réduire les risques et renforcer la protection des personnes LGBTIQ. Trois champs d’action prioritaires ont été identifiés :
Ces mesures ont été présentées à la presse le 10 juillet 2024, parallèlement à la présentation des résultats de l’enquête ayant conduit à la mise en place de ces mesures.
(Source : communiqué de presse)
Voir le Rapport sur l’enquête « situation des personnes LGBTIQ dans le canton de Neuchâtel »
L’Artias a traduit ses trois vidéos expliquant les principes de l’aide sociale, comment les montants sont calculés, ainsi que les droits et devoirs des usagers et usagères. Ces capsules sont à disposition des services sociaux.
capture d'écran © Artias
Sur mandat du Groupement romand des affaires sociales (GRAS) et sur une idée originale de la Conférence suisse des institutions d’actions sociales (CSIAS), l’Artias (Association romande et tessinoise des institutions d’action sociale) a organisé la production de trois vidéos romandes d’information sur l’aide sociale en 2023 déjà. Celles-ci ont pour but d’expliquer, en quelques minutes et dans les grandes lignes, le fonctionnement de l’aide sociale dans les cantons romands.
Désormais, ces films sont disponibles en portugais, en ukrainien et en arabe, alors que d'autres traductions sont à venir. Ces productions sont destinées à toute personne souhaitant s’informer à ce sujet. Tous les services sociaux qui souhaitent les utiliser (pour une diffusion interne ou une publication sur leur site internet) peuvent les télécharger sur le site de l’Artias.
(Source : Artias)
Lien pour télécharger les vidéos
Dans «Vieille peau», la comédienne vaudoise Charlotte Dumartheray s’interroge sur l’automne de la vie en donnant la parole aux personnes concernées.
© Reportage (illustration : Justine Chanal)Il existe déjà beaucoup de textes ou d’émissions qui abordent la vieillesse et ses conséquences, que ce soit d’un point de vue scientifique, médical ou sociétal. Vieillir heureux, vieillir en bonne santé, bien vieillir : les injonctions demeurent nombreuses sur le sujet. La particularité du podcast « Vieille peau », réalisé par la comédienne lausannoise Charlotte Dumartheray, réside dans son angle d’approche, où les intervenant·es ne sont ni gériatres, ni spécialistes du troisième âge ou sociologues.
C’est la parole des personnes concernées que l’on entend : des femmes qui se posent des questions sur leur apparence, des hommes qui passent par la chirurgie esthétique, une centenaire qui passe en revue sa vie et notamment ses trois mariages. Ainsi, l’apparition des cheveux blancs, la ménopause (précoce), l’âgisme ou la retraite font partie des thèmes abordés dans les sept épisodes de « Vielle peau ». L'épisode le plus long (51 minutes) traite la question des relations intimes : « Recémment j’ai réalisé que j’avais clairement intégré que le sexe était une affaire de jeunesse. Qu’on ne pratiquait pas la capoeira au lit jusqu’à 120 ans. Mais pourquoi l’idée que la sensualité, la sexualité est si difficilement compatible dans mon imaginaire avec l’âge qui avance ? ». Cinq femmes livrent leur témoignages pour tenter de faire tomber les tabous régnant encore en matière de sexualité des seniors.
La réalisatrice de 36 ans s’inspire de sa propre vie, de ses interrogations sur le vieillissement pour en parler avec humour, sans pour autant contourner les problèmes et angoisses liés à ce temps de la vie. Finalement, la description du podcast résume parfaitement son contenu : « Épisode après épisode, sa formule à base de récits intimes et témoignages exclusifs apporte tous les éléments nécessaires pour faire face au culte de la jeunesse et contrer ses représentations, boostant le moral et la réflexion. » Une émission qui permet de se souvenir que, quel que soit l’âge que l’on a, on est toujours le ou la vieille de quelqu’un·e !
(Yseult Théraulaz)
L’Hospice général met à jour et enrichit sa brochure Adresses futées pour budget serré. Ce guide pratique recense bons plans et bonnes adresses pour se nourrir, s’habiller ou se divertir à moindres frais à Genève.
© Hospice généralDepuis sa création, il y a quatorze ans, cette brochure répond à une question récurrente : comment vivre dans l’une des villes les plus chères du monde quand on dispose de moyens limités ? Mesure phare d’information sociale et de prévention, le dépliant Adresses futées pour budget serré est devenu au fil des ans l’une des publications de l’Hospice général les plus consultées.
Le guide recense une multitude d’adresses utiles à Genève, notamment celles d’organismes sociaux à but non lucratif, classées par catégories : alimentation, seconde main et brocantes, consommation alternative, culture et loisirs, transports et vacances, beauté et soins ou encore conseils pour mieux gérer son budget. Initialement pensé pour les personnes en difficulté financière, ce dépliant répond également aux préoccupations des personnes « consom’actrices » soucieuses de l’environnement.
La version imprimée de l’édition 2024-2025 de Adresses futées pour budget serré est à disposition dans tous les lieux d’accueil de l’Hospice général, auprès de services et de partenaires tels que Caritas, Carrefour-Rue & Coulou, le Centre social protestant, la Croix-Rouge genevoise, l’Espace Ville de Genève, SOS Femmes, Réalise, ainsi qu’auprès des services sociaux communaux. Une version numérique est disponible en ligne.
En plus de constituer une ressource précieuse, cette brochure se veut participative. L’Hospice général invite les personnes intéressées à partager leurs remarques ou suggestions d’ajouts afin de l’enrichir.
(Source : communiqué de presse)
Consulter la brochure Adresses futées pour budget serré
Contact pour les remarques et suggestions : unité Actions pour l’information, la prévention et l’intégration, Hospice général
Selon la troisième édition du Baromètre national de l’égalité, les hommes suisses estiment que l’égalité est atteinte en Suisse dans presque tous les domaines, alors que les femmes ont un avis opposé.
© ParentiPacek / Pixabay
Les jeunes hommes estiment que le statut de l’égalité en Suisse est beaucoup plus avancé, comparativement aux femmes de la génération Z et aux hommes des générations plus anciennes. Ces différences ne se limitent pas seulement à l’appréciation de l’égalité, mais se manifestent également dans la satisfaction concernant la conciliation entre vie professionnelle et vie privée ainsi que dans leur expérience en matière de discrimination et de situations abusives.
Ces constats sont issus du troisième Baromètre de l’égalité, publié aujourd’hui par la Conférence suisse des délégué·es à l’égalité (CSDE). L’objectif de ce sondage est de recueillir les opinions et les expériences des personnes nées entre 1997 et 2007 sur les questions d’égalité, ainsi que leurs attentes quant à d’éventuelles mesures politiques, sociales et sociétales dans ce domaine, et de les comparer à celles des générations précédentes.
Le troisième Baromètre national de l’égalité dresse par ailleurs les constats suivant :
L’enquête représentative en ligne, réalisée par Sotomo à la demande de la CSDE, a eu lieu en octobre 2023. Elle a été menée auprès de 2’500 personnes âgées de 16 ans et ans et plus dans toute la Suisse. Après pondération statistique des données, l’échantillon représente la population suisse en termes de région linguistique, de genre, d’âge, de niveau de formation et d’orientation politique.
(Source : communiqué de presse, CSDE)
Pour de plus amples informations : Baromètre national de l’égalité 2024
La prévention, la formation et la recherche en santé doivent davantage se pencher sur les besoins spécifiques aux femmes, selon le Conseil fédéral.
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S’il y a bien un domaine dans lequel l’égalité entre hommes et femmes reste béante, c’est celui de la santé. Certes, toutes et tous doivent être soigné·es avec les mêmes outils et la même implication, mais les femmes ont des besoins différents de ceux des hommes [1]. Tout d’abord, les unes comme les autres ne sont pas touché·es de la même manière par les maladies. Elles et ils n’adoptent pas non plus les mêmes comportements, ne présentent pas toujours les mêmes symptômes et sont donc exposé·es à des risques différents. « Par exemple, les expertes et experts estiment qu’en Suisse, il faut en moyenne 6 à 9 ans pour diagnostiquer une endométriose. Un tel délai peut entraîner la formation de tissu cicatriciel, ce qu’il faut absolument éviter ». De même, « Les femmes présentant des douleurs dans la poitrine sont 2,5 fois moins souvent adressées au service de cardiologie que les hommes. De manière générale, les maladies courantes sont également moins souvent diagnostiquées chez les femmes. Et ce, bien qu’elles présentent des évolutions similaires, voire plus graves. » [2].
La prise en charge médicale actuelle demeure trop souvent centrée sur le standard masculin. Fort de ce constat, le Conseil fédéral a adopté en mai dernier un rapport mettant en évidence la nécessité d’agir dans ce domaine. Il a mandaté plusieurs services fédéraux pour mettre en œuvre des mesures dans la recherche, la prévention et la formation.
Parmi les bureaux chargés de se pencher sur cette question, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) devra examiner les possibilités pour intégrer davantage les aspects du sexe et du genre dans la mise en œuvre des stratégies Prévention des maladies non transmissibles et Addiction, entre autres tâches.
Le Conseil fédéral souhaite également agir sur le lieu de travail. Pour cela, il a mandaté le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes et le Secrétariat d’État à l’économie pour actualiser les supports de prévention contre le harcèlement sexuel dans le milieu professionnel.
Quant à l’Institut suisse des produits thérapeutiques Swissmedic, il est chargé de contrôler s’il est nécessaire de mieux tenir compte des facteurs liés au sexe et au genre dans la recherche clinique et d’intégrer ces aspects dans les organes et les directives importants.
Mieux soigner les femmes en fonction de leurs caractéristiques biologiques, notamment, est désormais un enjeu de santé publique important.
(Yseult Théraulaz)
[1] A ce sujet, lire notamment : Alyson McGregor, Le sexe de la santé ; Notre médecine centrée sur les hommes met en danger la santé des femmes. Toulouse : éditions érès, 2021, 260 pages ou le compte-rendu paru sur REISO en mars 2022.
[2] Voir la fiche d'information « Comment mieux prendre en compte les besoins des femmes en matière de santé », OFSP, mai 2024, 3 pages.
Dans une émission diffusée sur La Première, la sociologue à la HETS-Genève Anne Perriard partage les résultats de sa recherche menée avec Laurence Bachmann, sur le potentiel de cette méthode d’écoute et de compréhension.
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La communication non-violente, développée dans les années 1960 aux États-Unis, offre une approche unique pour écouter et comprendre autrui. Mais comment fonctionne-t-elle vraiment ? En cette période marquée par des conflits omniprésents, une anxiété environnementale grandissante et des échanges houleux sur les réseaux sociaux, quels enseignements pouvons-nous tirer de cette méthode ?
Les sociologues Laurence Bachmann et Anne Perriard de la Haute École de travail social (HES-SO) de Genève se sont penchées sur ce sujet, explorant son potentiel de transformation individuelle et collective dans un projet de recherche, financée par la FNS.
Ce programme de recherche vise notamment à expliquer le succès du développement personnel en l’analysant de l’intérieur. Il s’appuie sur une enquête empirique portant sur la technique de la communication non violente (CNV). L’enquête qualitative mixte comprend une analyse des techniques de soi décrites dans des ouvrages, des observations participantes dans des stages ou ateliers proposés en Suisse romande et en Californie, ainsi que des entretiens avec des animateurs·trices de stage, des participant·es aux stages, mais aussi des personnes réfractaires à la CNV.
Outre la compréhension des outils de la CNV, le projet vise à identifier les formes de pouvoir liées à la CNV et, finalement, à analyser la complexité des expériences de la CNV par une analyse transversale. En adoptant une approche compréhensive permettant de saisir les processus d’appropriations de ces techniques, cette recherche produira une analyse scientifique de techniques de développement personnel et des processus de transformations qu’elles engendrent, souvent perçus comme de la « magie » par ses adeptes ou de la « manipulation » par ses réfractaires. Dans la continuité des précédents travaux menés par les scientifiques, ce programme soulignera aussi la portée politique de la transformation de soi soutenue par ces techniques.
Le 23 avril, Anne Perriard a participé à l’émission radio Tribu de la RTS, où elle partage sur la communication non-violente et ce qu’elle peut apporter.
(Source : HETS Genève)
Ecouter « Tribu » (RTS La Première)
Le projet «Tissons la toile : un modèle de coordination de proximité pour lutter contre l’isolement social des seniors» montre l’importance de l’échelon communal dans le maintien de liens sociaux pour les seniors.
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Dans le contexte du vieillissement de la population et dans la perspective du maintien à domicile, le risque d’isolement social des seniors devient un enjeu prioritaire. Pour prévenir ce risque, il faut agir dans la proximité sur le lien social : le tisser, le renforcer et le maintenir pour faire société en impliquant l’ensemble des actrices et des acteurs concerné∙es.
Menée conjointement par la Haute école de santé et la Haute école de travail social de Genève, dans une volonté d’articulation santé-social, sur mandat et en partenariat avec la Plateforme du réseau seniors Genève, une recherche-action a eu comme objectif d’expérimenter, à l’échelle du quartier de Champel, des modalités de coordination de proximité afin de lutter contre l’isolement social des seniors. La force du dispositif se trouve dans l’intégration, aux côtés des professionnel∙les, des actrices et acteurs informel∙les du quartier qui détiennent une part essentielle de l’expertise de proximité (les commerces, le voisinage, etc.). L’originalité du projet réside dans la création d’un modèle de coordination portant spécifiquement sur la prévention et la lutte contre l’isolement social.
Le projet s’inscrit dans un contexte genevois particulièrement propice. La lutte contre l’isolement social ne peut être menée et dupliquée qu’à une échelle locale, comme celle d’un quartier où les actrices et les acteurs de proximité peuvent s’identifier, tisser des partenariats et des liens de confiance durables et finalement se coordonner. Menée durant deux ans, la recherche montre l’importance de partir du local et de l’existant, car chaque quartier bénéficie d’une riche offre d’actions, de prestations, d’actrices et d’acteurs qui lui est propre. Par conséquent, l’échelon communal est identifié comme le niveau idéal pour pouvoir agir dans la proximité : la commune est experte de son territoire, elle connaît ses habitant∙es et les accompagne dans toutes les étapes de la vie.
(Source : HETS-GE)
En savoir plus (rapport de synthèse et rapport complet de la recherche action)
L’économiste anglaise et autrice Kate Raworth a parlé de son modèle du «donut» le 19 février dernier à l’Université de Lausanne. Retour sur une soirée aux réflexions incontournables pour assurer le «vivre ensemble» futur.
Par Jean Martin
Source: https://www.kateraworth.com/doughnut/
Le modèle du « Donut » développé par Kate Raworth entend assurer pour tou·tes une existence digne, située entre un plancher social indispensable, répondant aux besoins fondamentaux, et un plafond déterminé par la durabilité écologique. Dans l’activité d’une société, il s’agit donc de respecter les limites planétaires pour ne pas dépasser ce plafond.
Le 19 février, l’économiste anglaise a tenu une conférence à l’Université de Lausanne, dans le cadre de la série de conférences Dubochet. Joignant les actes à la parole, Kate Raworth a présenté par vidéo, évitant ainsi un vol supplémentaire, un exposé novateur, éclairant. L’éloignement n’a rien enlevé à la vivacité du propos de cette personnalité charismatique, sérieuse et souriante, ni au débat qui a suivi. Pour cette deuxième partie, Camille Gilloots, du Centre de compétences en durabilité de l’UNIL, et Julia Steinberger[1], une autrice principale du dernier Rapport du GIEC, étaient également conviées.
L’autrice de l’ouvrage La théorie du donut : l’économie de demain en 7 principes [2] insiste sur l’importance de remplacer le sacro-saint PIB comme étalon de la performance économique, dont elle souligne l’inanité dans les circonstances actuelles [3]. Comme le modèle (néo-)libéral dont il est issu, le PIB — qui comptabilise comme productives, par exemple, les ressources dédiées à la limitation et au traitement des pollutions et autres externalités négatives de l’activité humaine — ne répond pas aux exigences de transparence et surtout de pertinence de notre temps anthropocène. Kate Raworth fustige le fait que la grande majorité des Facultés d’économie et Business Schools restent accros aux lois du marché à l’ancienne, au mantra de l’offre et de la demande, alors qu’il s’agirait de les revisiter en fonction du « donut ». Contre-proposition à la pensée dominante, l’autrice de 53 ans parle de son modèle comme d’une « boussole pour la prospérité ».
À propos des échanges dans un monde globalisé, elle évoque l’« esclavage moderne importé », avec notre exploitation des ressources, humaines et d’autres natures, par rapport au pays du Sud, exploitation qui ne donne pas suffisamment d’attention à l’empreinte carbone liée à ce phénomène. À ses yeux, l’unique mandat de l’économie devrait d’être au service des humains et des sociétés. Face aux doctrines économiques (qui sont une science humaine !) basées pour une part sur des croyances, il importe de prendre conscience que nos façons de penser et cadres de référence ont été formatés par les théories et pratiques du siècle dernier. Son credo : « Nous devons mettre en place un dispositif économique pour le XXIe siècle ».
L’oratrice revendique une société qui avance sur plusieurs fronts vers des modalités de « gouvernance et prise de décisions participative », moyens alternatifs et complémentaires aux rouages de la démocratie parlementaire. Elle cite la mise en place d’Assemblées citoyennes, qui apportent des éclairages différents sur les problématiques qui leur sont soumises, permettant de sortir du cadre (think out of the box), comme l’a montré en France la Convention citoyenne sur le climat. Une expression revient à plusieurs reprises : « Nous voulons de nouvelles manières d’être et de faire qui soient “régénératives’ », c’est-à-dire résilientes et susceptibles de se renouveler sans épuiser les ressources.
En fin de soirée, ce 19 février à Lausanne, ont été présentées les démarches pratiques de l’UNIL dans le sens du donut, pour répondre à la question « Comment guidons-nous toute une communauté académique sur le chemin d’un lieu de vie juste et sûr ? ». L’institution lausannoise a mentionné la création de son Assemblée de la transition, composée de soixante personnes tirées au sort dans la communauté universitaire, qui a siégé un an. Rendu en septembre 2023, son rapport [4] détaille 28 grands objectifs et 146 pistes d’action. (https://wp.unil.ch/assemblee-transition/le-rapport/). Aux côtés de nombreuses initiatives à l’international promouvant le donut dans des milieux et contextes divers, l’économiste anglaise a jugé très encourageant ce qui se fait à Lausanne.
[1] Kate Raworth a d’ailleurs fait référence aux travaux majeurs de Julia Steinberger et de ses collègues sous le titre « Living Well Within Limits ».
[2] Kate Raworth, La théorie du donut : l'économie de demain en 7 principes, Ed. Plon, 2018, 432 pages
[3] Elle suit ainsi Robert F. Kennedy, précurseur qui, peu avant son assassinat en 1968, avait vivement critiqué le PIB : « Pourtant, le produit national brut ne permet pas d'assurer la santé de nos enfants, la qualité de leur éducation ou la joie de leurs jeux. Il n'inclut pas la beauté de notre poésie, l'intelligence de notre débat public. Il ne mesure ni notre esprit, ni notre courage, ni notre sagesse, ni ce que nous apprenons. Il mesure tout en somme, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue ».
[4] Lire le rapport de l’Assemblée de la transition de l’UNIL
Les stigmatisations dont restent victimes les mères travailleuses du sexe sont nombreuses. Carine Maradan, collaboratrice scientifique du réseau national de défense des droits et intérêts des travailleur·se·x·s du sexe, décrypte les enjeux.
Carine Maradan © ProCoRe(REISO) Carine Maradan, en fin d’année dernière, ProCore [1] a publié un magazine sur le travail du sexe et la maternité. Dans ce numéro, la stigmatisation dont les femmes travailleuses du sexe (TdS) font l’objet est pointée à plusieurs reprises. Pourquoi l’inconscient collectif considère, encore aujourd’hui, qu’une travailleuse du sexe ne peut pas être une bonne mère ?
(Carine Maradan) Comme l’explique la chercheuse Giovanna Gilges, les images de la « sainte » et de la « putain » sont diamétralement opposées dans nos imaginaires, empreints de religion et de morale. Dans la même idée, une femme ne peut pas être à la fois « mère » et « putain ». Les stéréotypes en lien avec le travail du sexe ont la vie dure. La vision que la société a du travail du sexe est souvent très limitée : une femme qui travaille la nuit dans un « bordel », qui consomme de l’alcool et des drogues. On n’attribue généralement pas aux TdS la capacité de s’organiser et le sens des responsabilités. Je me rappelle d’une femme qui me disait qu’elle était plus présente et disponible pour sa famille en travaillant dans la prostitution qu’en faisant des ménages. Ces propos restent encore difficilement acceptables pour une majorité. À cause du stigmate de la « pute », il est impossible d’être vue comme une « bonne mère ».
Dans une interview, une travailleuse du sexe bulgare parle de l’image qu’elle souhaite donner à sa fille, et de la façon dont elle veut la protéger de ce qu’elle vit par son travail. Est-ce que leur travail et les représentations qui y sont liées sont une pression importante qui pèse sur les épaules de ces femmes ?
Vraiment. La stigmatisation est souvent intériorisée. Des TdS ont honte d’exercer cette profession qui leur permet pourtant de vivre et de subvenir aux besoins de leurs proches. Elles vivent avec la peur d’être « outée » sur internet ou dans l’espace public. La révélation de leur activité peut avoir de graves conséquences pour elles comme la perte de leur logement ou même de la garde de leurs enfants.
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Certaines témoignent avoir commencé le travail du sexe après la naissance d’un·e enfant, afin de pouvoir subvenir à ses besoins. Est-ce une situation fréquente ?
Il est difficile de répondre à cette question. Nous n’avons pas de données statistiques, mais comme pour toutes les autres femmes, subvenir aux besoins de ses enfants est une des motivations des TdS à avoir un travail rémunéré. Des personnes choisissent le travail du sexe comme projet temporaire. D’autres car elles n’ont pas beaucoup d’autres options sur le marché par manque de formation, d’expérience professionnelle ou de réseau en Suisse, à cause de leur situation administrative ou leur statut de mère célibataire… Toutes les situations personnelles sont bien entendu différentes.
Le travail du sexe est à la fois une cause, une conséquence et un risque de pauvreté pour les femmes.
Vous soulevez la question de la précarité de ces mères, très souvent issue de la migration. Pourquoi les travailleuses du sexe migrantes sont-elles particulièrement concernées par la pauvreté ?
De manière générale, les femmes migrantes sont surreprésentées dans la population précaire. De plus, les TdS migrantes sont victimes de discriminations multiples liées au sexisme, au racisme, au classisme et à la putophobie. Leur accès à des prestations sociales, aux soins et à la justice s’avère difficile malgré le soutien d’associations spécialisées. Si elles ne sont pas hautement qualifiées, elles ne sont susceptibles de trouver du travail que dans des secteurs mal payés comme le travail du care, le nettoyage ou encore le travail du sexe. Comme mentionné dans le magazine, le travail du sexe est à la fois une cause, une conséquence et un risque de pauvreté pour les femmes.
Une chercheuse évoque les difficultés que rencontrent ces personnes lorsqu’elles se séparent, faisant face aux préjugés de juges souvent « paternalistes et sexistes ». En tant que Réseau national pour les droits des travailleur·se·x·s du sexe, entendez-vous mener des actions pour faire évoluer les mentalités ?
Un de nos objectifs 2024 est justement de développer des lignes directrices contre la stigmatisation des TdS à l’attention des autorités (santé, justice, police, migration, etc.). Des TdS participeront à des ateliers pour apporter leurs expériences et leur expertise. Lors de la publication de ce guide, nous proposerons des temps de sensibilisation aux administrations. Nous espérons que le milieu judiciaire sera sensible à notre offre.
Finalement, le magazine se concentre sur les mères travailleuses du sexe, et ne parle pas de la question de pères travailleurs du sexe. Est-ce parce qu’ils n’existent pas ?
Ils existent, mais sont minoritaires. Nous avons fait le choix rédactionnel de mettre en lumière les mères pour plusieurs raisons. Aujourd’hui, le souci parental et le travail du care incombent encore majoritairement aux femmes. Des enjeux spécifiques sont liés aux conditions de vie et au statut de mère célibataire. Finalement, nous trouvions important de relayer des voix féminines rarement entendues dans l’espace public et médiatique comme celle d’une mère TdS avec un parcours migratoire.
(Propos recueillis par Céline Rochat)
Lire le magazine « Travail du sexe ; La mère, la sainte et la putain », ProCoRe, 2023, 24 pages
[1] ProCoRe est le réseau national qui défend les droits et les intérêts des travailleur·se·x·s du sexe en Suisse. Association d’utilité publique, basée sur les droits humains, politiquement et confessionnellement neutre, ProCoRe s’engage pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des travailleur.euse.x.s du sexe et lutte également contre l’exploitation, la traite des êtres humains et la stigmatisation du travail du sexe. Elle reconnaît le travail du sexe comme un fait social et comme un travail.
Dans son premier bulletin de l’année, l’Académie suisse des sciences médicales s’intéresse à l’apport de l’intelligence artificielle (IA) dans la pratique de la médecine, et plus particulièrement en oncologie.
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« ll existe (...) des domaines de la médecine dans lesquels le besoin d’assistance par l’IA pour le traitement des données est déjà élevé, et où les capacités humaines ne suffisent plus. » Ces propos d’Andreas Wicki, de l’Université de Zurich, figurent dans un article publié dans le premier bulletin de l’année de l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM). L’oncologue y décrypte les apports actuels de l’intelligence artificielle à la pratique de la médecine, notamment là où de nombreuses données doivent être traitées, à l’image de la radiologie et de la génétique, en plus de l’oncologie.
Détaillant d’abord les développements scientifiques engendrant une explosion des données disponibles en cancérologie, le professeur estime que « sans IA, nous ne pourrons pas progresser dans ce domaine à une vitesse raisonnable. Nous devons réfléchir aux instruments d’IA les plus utiles, parmi la palette disponible, pour développer peu à peu des modèles prédictifs qui permettent de prendre des décisions thérapeutiques basées sur des données et des règles. » Puis de mentionner les défis à relever : « Quel que soit l’usage fait de l’IA en oncologie, nous devons prouver par des méthodes scientifiques robustes que son utilisation améliore le sort des patient.e.s atteint.e.s d’un cancer ».
Si le traitement à proposer à un·e personne malade sera toujours plus personnalisé grâce à l’aide de l’IA, il n’est aujourd’hui pas question de laisser à une machine quelque aspect thérapeutique décisionnel. Andrea Wicki précise : « En ce qui concerne le choix thérapeutique, je me suis (...) toujours imaginé que nous allions passer de directives rigides, établies à partir d’études particulières pour toute une population de patient.e.s, à des prédictions dynamiques, basées sur des études et des données, et conçues pour chaque patient.e de manière individuelle. »
Le deuxième article de ce bulletin qui aborde la thématique présente ce que le Swiss Personalized Health Network (SPHN) a mis en place pour constituer une « base solide pour les développements émergents de l’IA dans le domaine de la recherche et des soins médicaux ». Ce texte attire notamment l’attention du lectorat sur le fait que « la qualité des modèles d’IA et la pertinence de leurs résultats ne sont que le reflet de la qualité des données mises à disposition de l’algorithme pour son entraînement. »
FInalement, dans son édito, Henri Bounameaux, président de l’ASSM, insiste sur la nécessité de s’emparer des questions et défis liés à l’IA, quels que soient les termes choisis par certain·es pour décrire l’outil (intelligence augmentée plutôt qu’artificielle). Une réflexion sur l'usage de ces machines est aujourd’hui impérative, « ne fût-ce que pour désarmer les craintes de ceux qui anticipent la prise de pouvoir des robots sur l’homme. » L’ancien doyen de la faculté de médecine de l’Université de Genève conclut par un constat général : « L’IA sera ce que nous en ferons. Une évolution avec ses aspects positifs comme (...) en oncologie, et négatifs comme son impact sur l’environnement, son intrusion dans la sphère privée et les risques avérés de son utilisation criminelle (...) »
(Céline Rochat)
Voir le bulletin de l'ASSM 01/2024 contenant l'article « L’intelligence artificielle en oncologie: son potentiel pour le choix des thérapies »
Un ouvrage collectif s’interroge sur les normes morales qui guident l’intervention sociale contemporaine, en se basant sur des recherches sociologiques menées dans différents domaines et contextes nationaux.
© HETSL(REISO) Jean-Pierre Tabin, l’ouvrage que vous avez contribué à diriger porte sur « la nouvelle morale de l’intervention sociale ». Sur quoi se base cette « nouvelle morale » ?
(Jean-Pierre Tabin) À l’origine, la politique sociale reposait sur la charité et la compassion. Elle s’appuie aujourd’hui sur de nouvelles normes morales qui se réfèrent parfois au bien commun, parfois à la justice sociale, ou encore à la réduction des inégalités, à la dignité, etc. À partir de ce constat, la question que nous nous posons dans ce livre est de savoir comment ces nouvelles normes morales sont appropriées ou réinterprétées par le personnel du travail social et de l’intervention sociale.
Au terme des recherches contenues dans ce recueil, quels sont les nouveaux défis auxquels l’intervention sociale doit faire face ?
Les analyses proposées dans les quatorze chapitres de ce livre montrent que les personnes en charge de l’intervention sociale ne sont pas toujours en accord avec les normes morales imposées, ni entre elles, ni sur le plan de la légalité, ni avec les institutions pour lesquelles elles travaillent. Les chapitres documentent plusieurs défis : l’impossibilité d’effectuer un travail en adéquation avec les normes morales de l’institution qui les mandate, l’existence de normes contradictoires, ou de normes en opposition avec les valeurs du travail social, etc.
Les politiques sociales à éviter sont celles qui remettent en question le sens du travail effectué, obligent à des bricolages individuels ou collectifs.
Les textes compilés dans ce livre sont issus de recherches menées dans des contextes nationaux très diversifiés. S’il fallait retenir les points forts de l’une ou l’autre politique pour créer une « politique sociale idéale », quels éléments prendriez-vous où ?
Les contextes sont variés, puisque les recherches non seulement se déroulent dans des contextes nationaux différents (France, Suisse, Canada, Maroc), mais encore dans des domaines très différents de l’intervention sociale (vieillesse, enfance, sans-abrisme, services scolaires, chômage, etc.). Les politiques sociales à éviter sont celles qui remettent en question le sens du travail effectué, obligent à des bricolages individuels ou collectifs, parfois en marge de la légalité, et conduisent à l’épuisement professionnel faute de pouvoir penser l’action de manière cohérente.
Vous concluez la présentation de cet ouvrage par l’affirmation : « ce livre invite à ne pas conclure trop vite sur l’émergence d’une nouvelle morale de l’intervention sociale, mais à prendre en compte les tensions normatives et les dilemmes pratiques qu’elle rencontre aujourd’hui. » Quels sont les éléments à lever pour qu’émerge cette nouvelle morale de l’intervention sociale ?
Il paraît plus précis de s’interroger sur les normes morales en tension et leurs métamorphoses, ainsi que sur les rapports de domination qui font que certaines s’imposent au détriment d’autres. Lorsque ces normes entrent en contradiction avec la pratique, il y a des tensions. La non-prise en compte des normes morales des publics concernés est un autre problème qu’il faudrait reconnaître, car c’est une dépossession de la capacité individuelle à décider quel est son propre intérêt.
(Propos recueillis par Céline Rochat)
« La nouvelle morale de l’intervention sociale et ses apories ». Maryse Bresson, Yvette Molina, Jean-Pierre Tabin (dir). L’Harmattan, 2024, 252 pages
Créé en France par plusieurs associations engagées dans la prévention et les addictions, un guide vise à compléter la «boîte à outils» des professionnel·les qui travaillent avec des personnes âgées consommant de l’alcool.
Démystifier les préjugés sur la consommation d'alcool et informer sur les réactions à éviter ; Repérer les risques prioritaires ; Adopter les bons réflexes pour sécuriser une situation ; Identifier les ressources et les dispositifs en addictologie sur lesquels s'appuyer : ces quatre objectifs sont ceux visés par la publication du manuel « Intervention auprès des personnes âgées consommatrices d'alcool dans une perspective de Réduction Des Risques (RDR) ». Si le quatrième but ne s’avère que peu utile au lectorat suisse (les ressources figurant dans le guide sont logiquement situées en France), le reste du contenu représente des informations pertinentes également pour les professionnel·les suisses romand·es.
Non voué à se « substituer » aux spécialistes en addictologie, ce document vise à permettre aux professionnel·les qui interagissent quotidiennement avec les personnes âgées et/ou leurs proches aidant·es de se familiariser avec les outils suggérés, dans le cadre d'une approche de réduction des risques liés à l'alcool et d'amélioration de la qualité de vie des personnes âgées.
Créé en collaboration entre diverses associations actives dans le domaine de la vieillesse et de la prévention, ce manuel se base sur les nouvelles recommandations de la Haute autorité santé « Prévention des addictions et Réduction des Risques et des Dommages (RdRD) dans les ESSMS », publiées en novembre 2022.
En complément au manuel, une « fiche repère pour l'intervention auprès des personnes consommatrices d'alcool dans une logique de réduction des risques » est également disponible, offrant une sensibilisation à l'approche générale de réduction des risques liés à l'absorption excessive de boissons alcoolisées.
(CROC)
Voir le manuel « Intervention auprès des personnes âgées consommatrices d'alcool dans une perspective de Réduction Des Risques (RDR) ». France, 2023,19 pages
Voir la fiche repère pour l'intervention auprès des personnes consommatrices d'alcool dans une logique de réduction des risques
Dans un rapport paru aujourd'hui, Unisanté met en évidence une vision fragmentée de la santé dans le système de gouvernance actuelle. Forte de ces conclusions, l'ASSM plaide pour l'élaboration d'une loi fédérale sur la santé.
L’Académie suisse des sciences médicales (ASSM), qui a élaboré plusieurs prises de position en faveur d’un système de santé suisse plus durable, a mandaté Unisanté pour conduire des travaux d’analyse de la gouvernance du système de santé suisse, évaluer la pertinence d’une loi fédérale sur la santé et faire des propositions de contenu. Unisanté s’est appuyé sur un modèle d’analyse de la performance des systèmes de santé proposé par l’Observatoire européen des systèmes et politiques de santé, ainsi que sur un avis de droit de l’Institut de droit de la santé de l’Université de Neuchâtel. Un soutien complémentaire de la Fondation Leenaards a permis de réaliser deux ateliers de travail, dans le but d’enrichir le contenu du mandat par des interactions avec des scientifiques et des acteurs du système de santé de toute la Suisse.
Globalement performant, le système de santé helvétique fait face à de nombreux défis. Des actions concrètes sont déjà nécessaires et deviendront de plus en plus urgentes dans les années à venir pour répondre à ces challenges : citons le vieillissement démographique, la digitalisation, la pénurie de professionnel·les, la garantie de l’accès aux soins, la maîtrise des coûts ou encore les enjeux de durabilité.
Les travaux montrent que la gouvernance actuelle du système de santé suisse dilue les responsabilités auprès de nombreux acteurs. Elle n’offre pas le cadre nécessaire pour garantir que les parties prenantes s’accordent sur des objectifs communs répondant aux besoins en santé de la population et œuvrent à leur réalisation. Le pilotage du système de santé est ainsi de plus en plus questionné, laissant la place à un sentiment de perte de maîtrise et d’un système devenu difficilement gouvernable.
Autres constats, la Constitution fédérale aborde la santé de manière fragmentée et le plus souvent sous l’angle des soins et de la maladie. Témoin des évolutions sociétales et de l’évolution de la médecine, elle a été enrichie au fil du temps par de nouveaux articles, parfois issus d’initiatives populaires. Ce morcellement se traduit actuellement dans un cadre légal en silos thématiques, qui ne permet pas d’appréhender globalement les grands enjeux de santé à venir. Notre système de santé continue d’être principalement régulé par une loi fédérale sur l’assurance-maladie, aucun autre texte légal ne permettant d’ancrer une vision plus large de la santé. Les conséquences directes sont un manque de considération des enjeux majeurs de promotion de la santé et de prévention, et un système qui investit en majorité dans la maladie.
Si la santé est constitutionnellement de compétence cantonale, l’analyse montre en réalité un important enchevêtrement des attributions fédérales et cantonales. La question de la bonne articulation des compétences entre les différents niveaux décisionnels se pose et l’organisation actuelle ne permet pas de nommer clairement les responsabilités de pilotage. Les travaux dévoilent d’autres limites, notamment des mécanismes de participation à la gouvernance déséquilibrés : certains groupes d’intérêts disposent de beaucoup plus de pouvoir que d’autres et des associations de patient·es ou de consommateur·trices ne pèsent qu’un faible poids. Enfin, le rapport pointe l’insuffisance du système d’information qui ne permet pas suffisamment de produire des données utiles à la prise de décisions éclairées.
Dans le contexte actuel, le pilotage du système de santé parait bloqué et dans l’incapacité d’entamer les travaux de fond nécessaires à son adaptation. La gouvernance devrait être revue afin de la rendre plus cohérente et permettre la mise en œuvre d’un système de santé plus durable, capable de répondre aux besoins croissants de santé de la population. La santé devrait être appréhendée de manière globale, en considérant tant la promotion de la santé et la prévention, que les soins.
Selon les résultats du rapport, la proposition faite par l’ASSM, à savoir l’élaboration d’une loi fédérale sur la santé, prend tout son sens et offrirait un cadre adéquat pour établir les futures politiques de santé. Pour être mise en œuvre, l’option d’une modification de la Constitution fédérale parait la plus pertinente. Désormais, l’étude réalisée offre un cadre de réflexion précis sur la gouvernance du système de santé suisse, avec l’espoir de susciter une réflexion politique dans le cadre des réformes de fond indispensables à mener.
(Source : communiqué de presse)
Lire le rapport «Analyse de la gouvernance du système de santé suisse et proposition d’une loi fédérale sur la santé »
En comparaison internationale, la durée de l’allaitement est courte en Suisse. Quelles conditions le favorisent et quels sont ses bienfaits pour le nourrisson, la mère, ainsi que l’ensemble de la société ? Un rapport fédéral fait le point.
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Nombre de mères et de spécialistes en médecine sont conscient·es des bienfaits de l’allaitement sur différents plans. Dans la réalité quotidienne toutefois, il n’est pas rare que l’allaitement ne soit pas possible ou (trop) rapidement plus possible pour des raisons extérieures au noyau familial. C’est le cas notamment si une mère qui a repris une activité rémunérée n’est pas soutenue par son employeur ou s’il n’est financièrement pas supportable de consacrer de nombreuses heures à l’allaitement maternel au détriment d’une autre activité.
Convaincues que les avantages de l’allaitement dépassent le seul cadre de la famille, les autrices du policy brief récemment paru, L’allaitement concerne toute la société, formulent plusieurs recommandations. Sonja Merten, membre de la Commission fédérale pour les questions familiales (COFF), et Jordyn Wallenborn, toutes deux de l’Institut tropical et de santé publique suisse, préconisent de faciliter l’allaitement au travail et dans les lieux publics, ainsi que le développement d’une stratégie de communication nationale pour informer les parents, les employeurs et la société en matière d’allaitement maternel et en améliorer l’acceptation. Dans l’objectif de disposer de données exhaustives, elles invitent également à collecter des données auprès de la population au moins tous les cinq ans.
Afin qu’il soit possible de suivre les recommandations en faveur de l’allaitement exclusif, elles invitent à introduire un congé parental de plusieurs mois avec prolongation du congé de maternité.
La COFF est une commission indépendante consultative qui s’engage pour des conditions favorables aux familles. En tant que commission spécialisée, elle fournit aux autorités politiques et administratives des connaissances spécifiques sur la politique familiale. Elle publie régulièrement des policy briefs sur des sujets d’actualité importants pour la vie des familles.
(Source : communiqué de presse)
Portée par des associations engagées pour l’enfance, Kidimo est une application ludique conçue en collaboration avec les principaux et principales concernées. Un outil utile pour mieux les sensibiliser à des thèmes parfois complexes.
Les enfants connaissent-ils et elles la Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée en 1989 à New York, ainsi que les lois qui les protègent ? Pour donner accès aux plus jeunes au contenu de ces textes qui les concernent, une soixantaine de chercheur·euses et des représentant·es de différentes associations suisses [1] ont élaboré l’application Kidimo.
Ce jeu interactif, codéveloppé avec la participation de 170 enfants âgés de 7 à 13 ans durant un projet de trente mois, passe en revue trois mondes graphiquement différents : celui de la protection, celui de l’encouragement et celui de la participation. Dans chacun de ces univers, le·la joueur·euse crée un avatar personnalisé et résout des quiz, répond à des questions, ou cherche des situations qui vont à l’encontre de ses droits, entre autres. Il ou elle gagne ainsi des points et progresse dans le monde choisit.
Par exemple, un questionnaire à choix multiples demande quels sont les droits fondamentaux des mineur·es. « Avoir le dernier iphone ou ne pas être exclu·e » ? « Manger des kebabs tous les jours ou dormir dans un lit » ? L’ensemble des phases du jeu est disponible en français, en italien et en allemand.
Certaines étapes proposées par l’application sont assez simples, mais d’autres nécessitent une réflexion, voire une discussion avec un adulte pour approfondir le sujet.
Kidimo est aussi prévu pour les écoles et pour les professionnel·les de l’enfance. L’équipe de projet interdisciplinaire a en effet publié en complément des indications sur la manière dont l’application peut être utilisée dans le contexte scolaire, dans le travail en milieu ouvert avec les enfants ou par les professionnel·les de la protection de l’enfance. Par ailleurs, un guide pratique destiné à aider d’autres organisation à imaginer des offres pour et avec les enfants a été conçu.
(Yseult Théraulaz)
Voir le matériel d’accompagnement
[1] Kidimo a été initié par la Haute école spécialisée de Suisse orientale, par la Haute école pédagogique de Lucerne, par UNICEF Suisse et Liechtenstein. De nombreux·ses partenaires y ont contribué, parmi lesquel·les Pro Juventute, l’Office de l’Ombudsman des droits de l’enfant Suisse, Terre des Hommes Suisse, Integras, éducation21, PACH Pflege- und Adoptivkinder Schweiz, Procap et Pro Infirmis.
Les aléas liés au cycle menstruel restent peu pris en considération dans les milieux professionnels. Trois questions à Aline Boeuf, autrice et doctorante à l’Institut de recherches sociologiques de l’Université de Genève.
Aline Boeuf © A.B.(REISO) Aline Bœuf, votre livre s’intitule « Briser le tabou des règles » [1]. Vous êtes donc partie du principe que de nos jours, ce thème est encore peu ou pas abordé en public ?
(Aline Boeuf) Lorsque j’ai commencé mes recherches, en 2019, j’avais en effet cet a priori, du moins en ce qui concerne le monde du travail. Mon livre s’intéresse aux menstruations comme un fait social et à la façon dont il est perçu dans le milieu professionnel. J’ai alors constaté que l’on peut parler des règles au travail soit sous forme de blague entre collègues, soit avec son ou sa responsable si la femme connaît un problème de santé lié à cette période du mois. En revanche, les menstruations ne sont jamais abordées comme un fait qui doit être pris en considération par les dirigeant·es et pour lequel des mesures devraient être mises en place.
Des mesures comme le congé menstruel que l’Espagne a adopté en 2023, ou, plus récemment, les villes de Fribourg et d’Yverdon-les-Bains ?
Pas uniquement. Le congé menstruel ne devrait être qu’une solution parmi d’autres. Avant même de penser au monde professionnel, il faudrait améliorer l’éducation dans les écoles et dans les milieux de la formation. Ensuite, il est important également d’effectuer des démarches de sensibilisation auprès des entreprises et de la société. Lorsqu’un directeur ne sait pas ce qu’est l’endométriose et ses conséquences sur la santé d’une employée touchée, comment peut-il comprendre ses difficultés et mettre en place des mesures adaptées ? La répartition des informations sur le cycle menstruel est encore trop genrée. Les hommes devraient aussi être informés et ainsi mieux comprendre ce que vivent les femmes autour d’eux.
En proposant des congés spéciaux ou des assouplissements aux employées dont les règles sont particulièrement handicapantes, existe-t-il un risque supplémentaire de stigmatisation des femmes actives ?
Les effets négatifs pour le corps et l’esprit des variations hormonales auxquelles les femmes sont sujettes, et donc également la période des règles, sont clairement influencés par l’environnement. En permettant à celles qui en ont besoin de réduire leur stress, de leur allouer des moments de repos, voire une salle pour pouvoir s’allonger un moment, les entreprises auraient des employées en meilleure santé. D’un point de vue strictement économique, cela augmenterait leur productivité.
(Propos recueillis par Yseult Théraulaz)
Six pistes d'actions pour faire évoluer les mentalités
Issu d’une enquête menée durant trois ans, Briser le tabou des règles explore de manière étendue la question des menstruations, que chaque femme « connaît en moyenne pendant plus de six années, en temps cumulé », comme le rappellent Zoé Marsaly et Gisou van der Goot dans la préface de l’ouvrage.
Explorant les règles comme un « fait social », puis s’interrogeant plus particulièrement sur la relation entre règles et monde professionnel, Aline Bœuf enrichit son analyse de nombreux témoignages. Avant de plonger dans le chapitre « Vivre ses règles au travail », l’autrice lit le « corps féminin » à travers le prisme des menstruations, puis consacre quelques pages aux premières années du cycle menstruel, de l’avant des ménarches au vécu d’une adolescence rythmée par l’écoulement mensuel de sang.
La question du congé menstruel est notamment discutée dans le chapitre sur les règles dans le milieu professionnel, puis réabordée dans une optique de déconstruction d’un tabou. Dans ses entretiens, Aline Bœuf a interrogé ses témoins sur les remarques ou « blagues » sexistes qu’elles auraient pu rencontrer, à l’image de la fameuse et tristement sexiste question « Qu’est-ce que t’as ? t’as tes règles ? ». Et à ce sujet, l’autrice indique que, de manière générale, les menstruations, douleurs et syndromes prémenstruels « ne sont plus la cible de moqueries, mais des événements pouvant être vécus, si ce n’est sans, en tout cas avec moins d’appréhension. Les remarques ou blagues sexistes ont donc tendance à se faire plus rare dans l’espace professionnel » (p. 112). Cependant, dans les paragraphes intitulés « Un tabou qui persiste », la doctorante relève que : « Il est encore admis aujourd’hui que les menstruations ne devraient pas être évoquées ouvertement, notamment avec des hommes. » (p.104)
L’autrice consacre un chapitre entier à cette nécessité de « Déconstruire le tabou », qui passe selon elle et comme elle le mentionne dans l’interview donnée à REISO, par une meilleure éducation à la santé sexuelle. Elle cite aussi la lutte contre la précarité menstruelle, la libération de la parole en ligne et dans les librairies, ainsi qu’une nécessaire posture bienveillante des professionnel·les de la santé aux mesures visant à ouvrir les esprits. Elle insiste encore sur le fait que casser ce tabou passe également par une autre implication des hommes, qui doivent être inclus dans les conversations portant sur les règles « et plus largement sur la santé sexuelle et la contraception. (...) Ces représentations (notamment dans les films et les séries où les hommes ne sont jamais impliqués dans ces sujets, ndlr) ont des effets néfastes : elles perpétuent l’idée qu’il est normal de considérer que la santé des femmes ne concerne pas les hommes et que ces derniers n’ont donc pas à s’impliquer dans ces questions » (p. 157) Et Aline Bœuf d’interpeler directement les hommes, pour les inviter à se questionner et s’informer sur les enjeux liés au cycle menstruel.
En conclusion du résultat de son enquête, la chercheuse énonce six actions à relever « pour briser le tabou des règles », dont le congé menstruel, qui « est bien plus qu’une mesure socialement et médicalement efficace. Il est également symbolique et politique (...) ». Des mesures qui, en réalité, portent sur de plus larges enjeux liés à la place des femmes, aujourd’hui, dans la société occidentale.
(Céline Rochat)
[1] « Briser le tabou des règles », Aline Bœuf, Lausanne, EPFL press, septembre 2023, 192 pages
Mieux préparer la sortie des personnes détenues, accentuer la lutte contre la récidive: développée de manière participative, la stratégie vaudoise réinsertion 2030 mise sur de nouvelles prestations d’accompagnement et de formation.
© Etat de Vaud
Le Canton de Vaud renforce son action dans le domaine de la réinsertion des personnes détenues, un pilier essentiel de la politique pénitentiaire. Ainsi, la nouvelle stratégie 2030 vise à la fois le maintien du lien vers l’extérieur durant la détention et une meilleure préparation à la sortie. Cette politique de réinsertion en milieu carcéral se développe sur trois volets : le développement des outils et des prestations d’accompagnement et de formation, la création d’infrastructures pénitentiaires pensées pour la réinsertion, ainsi que le renforcement de la coordination interne.
Convaincu qu’une réinsertion qui porte ses fruits doit être ancrée dans les réalités du terrain, le Service pénitentiaire (SPEN) a impliqué à la fois les collaborateurs·trices et les personnes détenues dans l’évaluation des besoins. Une vaste enquête a ainsi confirmé la nécessité de renforcer cet axe essentiel de la politique carcérale afin que chaque individu en détention puisse (re)trouver une place dans la société.
Il est ainsi prévu de travailler sur les compétences sociales — notamment via des cours de gestion des émotions et de communication non-violente, ainsi que l’organisation de groupes de parole —, le travail sur le délit, la formation et la préparation à la sortie. Le Canton continue par ailleurs de développer la justice restaurative en partenariat avec le Swiss RJ Forum et l’Association pour la justice restaurative en Suisse (AJURES).
Parmi les principales nouveautés mises en place, le « Programme individuel » doit accompagner la personne détenue tout au long de son parcours carcéral. Il est ainsi visé d’offrir une meilleure continuité entre les établissements, et ce dès les premiers jours, que ce soit en exécution de peine ou en détention avant jugement.
En parallèle, le SPEN développe ses ateliers de production autour d’activités utiles et formatrices, à l’image de la fabrication des plaques d’immatriculation vaudoises, lancé à la fin de l’année 2023 et opérationnel dès le 1er mars prochain. De nouveaux cours sur les compétences transversales ainsi que des formations visant à réduire la fracture numérique sont également déployés depuis l’automne 2023.
La stratégie réinsertion s’appuie également sur des infrastructures pensées pour la formation, la socialisation et le maintien du lien avec l’extérieur. La stratégie réinsertion 2030 prévoit des adaptations de l’existant, comme la future cellule numérique qui a pour objectif d’autonomiser la personne détenue dans ses démarches, maintenir les contacts avec l’extérieur et permettre la formation à distance. Les futures constructions dotées d’espaces dédiés à la réinsertion, comme c’est le cas des projets de la Nouvelle Colonie et de la prison des Grands-Marais, s’inscrivent également dans cette stratégie prioritaire du Conseil d’État, inscrite au programme de législature 2022-2027.
Dans le souci de mettre en œuvre cette politique de manière harmonisée et sur l’ensemble des établissements, le SPEN a renforcé la coordination dans ce domaine avec la création de postes dédiés dans chaque établissement pénitentiaire et, en novembre 2023, la nomination d’une cheffe de service adjointe chargée de la réinsertion.
(Source : communiqué de presse)
Voir la brochure « Favoriser une existence sans délinquance ; Comment améliorer la réinsertion des personnes en détention ? », SPEN, novembre 2023, 4 pages